Présences

montagne

Je parlais de révérence dans mon précédent article. C’est un mot qui j’aime beaucoup. Il me parle de ce qui se lève en moi quand je suis subjuguée par la beauté de la nature, de cette intuition poétique qu’il existe une conscience bienveillante derrière les paysages, les éléments, les rivières et les montagnes. Une intelligence finalement (revoilà ce mot), et qui gouverne aussi nos battements de coeur, le renouvellement incessant de nos cellules. J’imagine le grand lâcher-prise comme l’acceptation sans retenue de cette évidence que nous nous forçons d’oublier pour nous rassurer.

Je me plaît à penser que cette révérence spontanée nous a fait créer les dieux, personnifier les éléments, et que la dévotion que nous leur portions aux temps de nos Edens était une manière de donner corps à ce trop plein d’émerveillement qui veut sortir de nous. Je crois en un univers fait d’amour et, quoi d’étonnant alors à ce que ces présences se manifestent en retour, instaurant un dialogue entre les enfants de la création, juste pour le plaisir d’explorer la dualité sous toutes ses formes ?

Adolescents, nous explorons les excès, dénigrons les plaisirs simples pour leur préférer la satisfaction de notre besoin d’appartenance ou d’expression. Adultes, nos sens s’ouvrent de nouveau à la beauté de la fleur qui s’ouvre, au vol d’étourneau. Peut-être sur le même modèle de progression, notre espèce est-elle en train de grandir, de se reconnecter à l’intelligence des choses.
Renaissance de la féérie.

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Intelligences

guepard

Un point d’évolution crucial pour les êtres humains est à mon sens la reconnaissance et la révérence de l’intelligence animale.

Ces facultés mystérieuses qui permettent aux grues de savoir à quel moment migrer selon l’intensité de l’hiver à venir, aux baleines de maintenir leur trajectoire sans dériver, aux chiens de détecter les nôtres atteints de cancers, aux chats et aux hiboux de voir l’au-delà, ou encore le registre émotionnel des orques, bien plus étendu que le notre, la créativité des dauphins…

Comment pouvons nous espérer dialoguer avec des races évoluées venant d’autres planètes si nous considérons encore nos frères et soeurs terrestres avec dédain ? Comment découvrir les pouvoirs de notre propre espèce dans une telle hiérarchie des règnes ?

Heureusement, tout cela évolue déjà. Beaucoup.

Cache-cache

femme plume cachee

Je constate le délicat équilibre à trouver entre ce que je révèle et ce que je garde pour moi.

J’ai démarré ce blog parce que le désir de partager ce qui m’habite était tellement grand que je ne pouvais pas attendre la fin de l’écriture d’un ouvrage publiable pour le lancer dans le monde.
Quatre ans que le monde et le protagoniste de cette histoire sont venus me rendre visite et j’ai toujours comme un gouvernail la page que j’ai écrite à ce moment là, très vite, comme emportée par une vague qui m’a laissée sur la dernière ligne avec un gigantesque: Et après ?
Des visites successives du génie de ce récit m’ont apporté des scènes éparpillées. J’ai vu surgir d’autres personnages, été émue souvent, mais ces morceaux épars ne faisaient pas encore une histoire. Je ne voulais pas les partager par crainte de voir le ballon de mon inspiration se dégonfler. Les documents se sont donc empilés sur mes disques durs (avec un vrai problème de nomenclature !). Toute cette matière accumulée a commencé à frustrer une part de moi qui veut aboutir à une forme d’écrit identifiable par les autres (le public, un éditeur, un producteur…).

Et enfin, cet été, un moment magique. Devant une toute petite assemblée que j’avais fait danser, après un partage créatif, l’impulsion est venue de leur lire cette toute première page écrite, que j’avais appelée: « Laissez-moi vous raconter ».
Dans l’obscurité d’une salle qui résonnait encore des offrandes musicales qui avaient précédé, la plume que le génie avait laissé tomber entre mes mains demandait à devenir graine-étincelle dans l’imaginaire de ces personnes choisies par une main invisible. Je sentais dans mon corps que cette lecture, loin d’affaiblir mon processus créatif, allait le nourrir et que les filaments de ce récit allaient prendre racine dans un terreau plus large que moi seule. Je remercie ces anges qui furent véritablement des portes ce soir là, et de leur retour ému.

Ce blog est un peu la continuité de ce soir enchanté. Il satisfait le désir d’épanchement de mon coeur trop plein de ces merveilles dans lesquelles je voyage. Encore faut-il que le partage soit juste.
Ainsi, une paire d’articles sont en attente, dans l’antichambre de leur exposé au monde. Je ne les ai pas postés aussitôt car leur sujet m’ont dit: Pas tout de suite. Garde moi encore un peu dans ton coeur. Et c’est vrai que leur présence en moi est un vrai délice. Je me plonge dans leur parfum et je peux rester les doigts suspendus au dessus du clavier un bon moment avant d’écrire. Parfois je ne commence même pas à taper, je me fais carrément un trip !
Alors, bien sûr j’obéis à cette voix et je fais confiance que le bon moment arrivera pour leur diffusion. Je le ressentirai. J’ai appris cela, cette confiance dans les signaux sans mots du corps.

Et si ?

menhirs blog

Et si demain, nous avions retrouvé les savoirs anciens ? Ceux grâce auxquels nous pouvons utiliser les énergies de la nature au lieu de se battre contre elle ?

Et si demain, partout sur la Terre la créativité de l’homme ajoutait de la beauté au lieu de saccager et de détruire ?

J’ose l’imaginer parce que nous savons déjà le faire et qu’une nouvelle alliance est possible, une alliance qui nous permettra d’accomplir des choses pour le moment… inimaginables 😉

Fenêtre 1

A-2-triptyque

Retour dans le vif du sujet, car je compte bien aboutir à un livre au final. Roman ? Recueil ? Saga ?? Tout est possible à ce stade.

L’envie vient de partager un de mes outils, qui est la fenêtre.

Une fenêtre est un assemblage d’images qui évoquent un des personnages (je ferai sans doute de même avec les décors) et que je constitue assez spontanément et rapidement, pour me laisser ensuite goûter à ce que qu’elles dégagent qui, en général, en dit bien plus long que je ne l’avais pensé (l’inconscient est magistral). Le nom « fenêtre » est venu alors que j’écris ces lignes car c’est vraiment tout un univers qui se révèle à moi derrière chacune.

Voici celle d’un des personnages secondaires, dont la présence s’amplifie ces derniers temps.

Mon défi en ce moment est de me mettre à écrire au lieu de rester scotchée à savourer la vibration de l’assemblage, sans doute intimidée par la richesse de ce qui monte en moi et par la faiblesse des mots – ou ma faiblesse avec les mots !

J’ai bien sûr une fenêtre pour le personnage principal – c’est même la première qui est apparue; mais celle là, je la garde comme un talisman contre ma poitrine…

Une vie plus belle

amy cooper ceramics

Je me rends compte que ce que j’ai envie de partager, c’est mon processus, mais aussi tout ce qui inspire et nourrit cet univers. Les éléments se glissent dans ma vision, la rendant plus consistante et ils émergeront, ou pas, dans l’écriture.

Je pense souvent à un article de Charles Eisenstein, l’auteur de  » The More Beautiful World Our Heart Know is Possible » et que j’ai traduit ici. Il y dit: « Nous nous entourerons d’objets élégants et durables, qui seront faits avec amour. »

Et cela a déjà commencé, vous ne trouvez pas ?
Ci-dessus, une céramique par Amy Cooper. Délicatesse et lumière: tout ce que j’aime 🙂

Un univers en création

desert pastel

Je démarre ce blog pour partager un univers qui vit en moi et se fraye depuis plusieurs années un chemin sur la page (enfin, l’écran).

Il parle d’un avenir possible. D’une Terre qui accueille encore l’humanité (parce que nous faisons beaucoup d’efforts depuis un bon moment pour nous faire éjecter du système, soyons francs). D’une relation qui se répare, petit à petit.

Hollywood et les chaînes de télévision nous aliment jusqu’à plus soif en visions apocalyptiques de l’avenir.
L’histoire qui me vient raconte une autre possibilité.

Je me plaît à dire que ma créativité nourrit la partie lumineuse de l’inconscient collectif, mais c’est peut-être tout à fait l’inverse. Canal d’une information filtrée avec ma propre sensibilité, ou créatrice d’une réalité en devenir ? C’est sûrement le grand jeu du paradoxe divin ou quantique.

Je vous invite donc au fil de ce blog, à me suivre dans cet univers. Je vous y ferai goûter à des saveurs, des couleurs, des sensations, des intuitions, tout en gardant le mystère nécessaire à l’éclosion de ce récit.